LA RIDE
(Paroles Juliette Andréa
Thierrée )
Je n' l'avais pas vue arriver
Un jour je me suis
réveillée
Elle était
là depuis longtemps
Elle creusait toute seule son
sillage
Si fine qu'elle avait pris son
temps
Pour s'incruster sur mon visage
Elle me lança son
regard vide
Ma ride
Je lui dis : «
Qu'est ce que tu fous là ?
»
Voilà qu'elle me
toise implacable
Narquoise : « Tu
n'me délogeras pas
Et je ne suis qu'un grain de
sable
D'autres vont prendre ma
relève
C'est toi qui les aura
créés
Ça sert
à rien que tu t'énerves
Au contraire ça
n'fera qu'empirer ! »
J'eus beau lui passer de la
crème
Pour la rendre un peu plus
fluide
Elle me résistait
tout de même
Elle me dit "faut qu'tu sois
lucide !"
Ma ride
"Car tu vieillis à
vue d'œil
T'as trop souri t'as trop
pleuré
Faut que j' te
prépare ton cercueil
Je sers à t'y
accoutumer
Je t'apprendrai à
ralentir
La course esquintante des
plaisirs
On va voir c' que t'as dans le
bide »
Me dit la ride
"Trouve en toi d'autre
ressources
Cherche en toi l'autre
beauté
Plonge même si tu as
la frousse
De ce que tu vas trouver
Je t'amènerai
ailleurs
Je te rendrai moins
fébrile
Tout viendra de
l'intérieur
Il faudra que ça
pétille !
Approche toi donc de cette
glace
Détends-toi, sois
moins rigide
Maintenant apprends
à me faire face
Me chuchota un brin perfide
Ma ride
Calme-toi et tout ira bien
Si tu m'acceptes tendrement
Nous nous placerons tellement
bien
Que ta beauté sr'a
dans l'vent
Mais si tu luttes contre moi
Que tu chirurges
esthétique
Tu risques d'nous semer la
panique
Et de rendre ta peau frigide
Me crie la ride
Un jour sur ce parchemin
Tes p'tits enfants te
regarderont
Ils prendront ta petite main
Et ils embrasseront ton front
Plein de vies et de souvenirs
Nous serons là par
centaines
Et dans tes yeux bleu saphir
Tu seras belle quand
même
Le jour où tu vas
partir
Car autour de ton regard vide
Il ne restera que toi et moi
Me dit la ride
Alors prends soin de... toi
À tout à
l’heure dans la loge